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L’Exercice de l’ « Avocate » et la place de la Femme en Bulgarie

En Bulgarie, les métiers de la justice ont été longtemps une affaire d’hommes. Les femmes n’ont le droit de les exercer que depuis …, mais elles ont su rattraper le retard. À tel point qu’aujourd’hui la majorité des juges en Bulgarie sont des femmes. La féminisation se constate aussi dans la profession d’avocat : les femmes représentent plus de 52% des avocats bulgares. Phénomène particulièrement flagrant chez les jeunes générations. Cependant, des chiffres soulèvent plusieurs interrogations. Premièrement aujourd’hui les femmes en Bulgarie représentent plus de 52 % des effectifs dans la profession juridique. Elles ne sont pourtant que 25 % des associés et une grande partie d’entre elles ne participent pas ainsi ni au capital du cabinet ni aux bénéfices. Il en va de même pour les revenus. Les femmes sont encore orientées vers des activités de moindre rentabilité.  L’accès ne leur en est plus refusé, en témoigne la féminisation du métier, mais leur évolution est plus lente. 

La différence de rémunération entre un homme et une femme s’explique en partie par les domaines d’intervention dans lesquels on retrouve plus de femmes : le droit du travail, le droit immobilier, le droit de la propriété intellectuelle et le droit de la famille. Les hommes sont beaucoup plus nombreux en droit des affaires, les fusions-acquisitions, droit pénal par exemple, qui sont très lucratifs

La deuxième question c’est là coexistence du status d’avocat et de celui de la mère. C’est connu qu’il y a une règle implicite 20 h. Donc, bien qu’invisible au niveau statistique, difficilement prouvable et rarement avoué, les femmes avocates une fois devenues meres se trouvent très vite face au plafond de verre . Les femmes réduisent donc au plus court cette période. Culture entrepreneuriale oblige, peu oublient en revanche de travailler chez elles.

Il est difficile de concilier une collaboration, un développement de la clientèle personnelle et une vie familiale. Certaines ne peut rester en collaboration du fait de leur nouvelle situation familiale et des horaires restreints qui en découlaient, incompatibles avec la pratique de 10h. de temps de présence.

La profession d’avocat c’est une profession libre, ce qui implique que les règles protectives du code du travail ne s’y appliquent pas. Ainsi, la norme implicite dictant des horaires etendus (réunions avant 9 h. et après 18h.), a longtemps interdit de fait la mise en place d’un temps partiel, et ce malgre l’existence de solutions souples comme le télétravail. Toutefois, depuis une dizaine d’années, suite aux mutations de la profession avec des femmes en recherche d’égalité professionnelle et des hommes eux-mêmes demandeurs de congé paternité, les cabinets ont dû s’adapter.

Nous sommes à la croisée des chemins, essayant de concilier avocat traditionnel et chef d’entreprise prestataire de services. Grâce aux nouvelles technologies, les avocats sont toujours connectés et réactifs. Les nouveaux modes de communication sont des outils précieux pour les femmes qui veulent mener de front vie privée et vie professionnelle.  Tous ça trouve un écho très positif au sein de la jeune génération, femmes et hommes, mais les cabinets classiques y voient une perte de l’esprit entrepreneurial de la profession.
En 2013 Raliza Negencova était nommée president du Conseil National des Barreaux etant la première femme exerçant ce mandat, ceci semble aussi etre une vraie chance de changement réel.

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